Samedi 16 mai 2009



Je réagis par rapport à la réponse de Mélanie A*** (épisode V) et apporte quelques réflexions et conseils complémentaires pour aller vers une bonne gestion de son identité numérique.
 



 

Il est important de connaître l’utilisation des données personnelles que nous renseignons sur le Web. Ceci est particulièrement vrai pour les formulaires (sites marchands et autres) et en particulier veiller aux possibles cessions à des tiers (case à cocher sur le formulaire car en France contrairement aux Etats-Unis nous sommes dans le régime de l’opt-in qui demande le consentement préalable de l’internaute). Ensuite, avec la prolifération des réseaux sociaux sur lesquels nous nous inscrivons et qui ont comme pivot notre identité, il est là aussi nécessaire - même si cela peut paraître fastidieux - de lire les chartes d’utilisation (du moins une lecture en diagonale est toujours préférable à cocher aveuglément « accepter ») pour connaître l’utilisation des données qui peuvent être faites et les cessions de propriétés des éléments que l’on dépose sur le réseau social comme les photos et ce malgré le principe du droit à l’image. La question qui vient à l’esprit est « Que va faire Facebook de mes données personnelles, dès à présent et ultérieurement lorsque Facebook tentera d’avoir un modèle économique générateur de revenus en monnayant les informations nous concernant ? ». On constate en effet deux tendances contradictoires, la première qui consiste à vouloir « faire un strip tease intégral de son identité numérique » sur les réseaux sociaux et la seconde qui fait que les internautes s’opposent à la vente ou même à l’exploitation des informations numériques relatives à l’identité. Il faut savoir qu’aucun recours judiciaire n'est possible en cas de violation de la vie privée dès lors que les données récoltées ont été volontairement publiées par les intéressés et qu'un tiers les a consultées, transmises ou détournées.
 

Et que dire des parents des adolescents pour lesquels des réseaux sociaux comme Facebook, les Skyblogs leurs sont parfois inconnus du moins quant aux risques potentiels ? Le travers étant aussi de diaboliser en imaginant que cela n’amène qu’à des mauvaises rencontres. La vérité se situe dans une prise de conscience des enjeux, des possibilités offertes par les réseaux sociaux et les outils du Web 2.0, tant pour les parents que pour les enfants et que ceux-ci se parlent, échangent quant à leur vision des usages. L’utilisation de ces outils devrait constituer un prétexte à l’échange intergénérationnel plutôt qu’à un cloisonnement où chaque génération s’isole dans l’incompréhension mutuelle. Ceci est encore plus vrai pour les jeux vidéos avec les phénomènes de cyberdépendance qui peuvent en résulter (même si la Wii par exemple se positionne plus familialement, du moins publicitairement parlant pour inciter les parents à en acheter une également et à jouer ainsi avec leurs enfants).
 

Par ailleurs, même si les données sur un réseau social ne sont accessibles qu’à ses « amis », d’une part des fuites sont possibles. Un de vos amis (même de 30 ans ;-) ) peut très bien récupérer une photo compromettante et la publier ailleurs ou tout simplement rediriger des informations ailleurs. Avec les flux RSS, le principe de boule de neige va très vite. D’autre part les risques de captation de l’information ne sont pas à exclure.
 

Le droit à l’oubli n’existe pas sur Internet. L’adage « les paroles s’envolent mais les écrits restent » est encore plus vrai sur le Web. La CNIL et le G29 des CNIL européennes militent certes en faveur d’une non conservation des données au-delà de 6 mois, mais techniquement c’est très délicat à mettre en œuvre sachant aussi qu’il est possible de remonter dans le temps et même si l’on efface des traces non concernant (par ex. pour Mélanie A*** son Skyblog), la Wayback machine permet de remonter dans le temps et d’avoir un état du Web à une date antérieure donnée (voir à ce sujet « Web 2.0 et au-delà », chapitre 15 « Enjeux sociaux du Web »). Dans ce contexte, il est important de veiller à ne pas jouer avec le feu avec les données sensibles au sens de la CNIL : orientation sexuelle, opinions politiques, philosophiques ou religieuses, santé.
 

Une autre tendance qui rend sa présence délicate à orchestrer sur les réseaux sociaux est celle de l’étiolement des frontières vie professionnelle/vie personnelle. Pour y remédier, on peut certes choisir de ne publier sur Internet que des informations d’ordre professionnel (et encore, en en publiant, cela donne des informations sur l’organisation dans laquelle on travaille que des veilleurs/benchmarkeurs/concurrents pourront exploiter) ou alors se livrer à la séparation des genres avec l’utilisation de pseudonymes en fonction des identités que l’on endosse sur le Web (vie sociale avec son club sportif, vie professionnel, client de sites e-marchand, etc.). Et encore l’exemple de Mélanie A*** nous montre que l’utilisation d’un pseudo peut aussi se retourner contre nous si l’on n’est pas assez prudent. En effet une jointure peut être faite pour voir l’utilisation faite de ce même pseudo sur le Web.
 

Par rapport à la question du contact de la personne, deux sites constituent une aide précieuse. Le premier www.whois.sc permet de connaître qui se cache derrière une adresse IP. Il en existe plusieurs qui ont des fonctionnalités analogues. Le second, www.pagesjaunes.fr permet avec sa rubrique Pages blanches d’avoir accès aux numéros de téléphones des personnes et pas seulement ceux de l’opérateur historique France Télécom mais aussi ceux des opérateurs alternatifs (même dans le cas où un internaute a opté pour le dégroupage total) et ceux des opérateurs mobiles. Pour ne pas figurer dans la base de données des numéros de téléphones, il convient de demander à ne pas être référencé dans l’annuaire universel. Ceci est gratuit et peut souvent être fait en ligne sur le site de l’opérateur (dans la page où l’on paramètre les options associées à son compte téléphonique). Une chose que beaucoup de personnes ignorent encore… C’est en quelque sorte le principe de la liste rouge mais appliqué à l’ensemble des opérateurs de téléphonie. Dans le cas de Mélanie A***, avec www.pagesjaunes.fr, j’ai pu constater l’existence d’un numéro alternatif commençant en 09 ainsi que celui d’un portable. Ceci était ou non le choix de ses parents mais elle-même n’avait pas conscience qu’elle pouvait ainsi être jointe avec certes une probabilité très faible. Mais dès lors que l’on maîtrise les outils 2.0, il n’y a pas de limite à leur usage.
 

Pour surveiller régulièrement votre identité numérique et si vous en percevez bien les enjeux, je recommande de vous abonner aux alertes de Google relatives à votre nom. Ceci constitue une partie de ce que l’on appelle le "Personal Branding". Olivier Zara a récemment publié à ce sujet. D’ailleurs, il devrait par exemple découvrir que son nom est cité dans ce billet sur mon blog et peut-être réagir en publiant un commentaire. ;-) Je vous suggère également de surveiller les alertes vous concernant sur Twitter.
 

En conclusion on peut affirmer que pour être efficace, il convient de protéger son identité administrative tout en promouvant son identité professionnelle. Avoir une réputation numérique, c’est jouer la transparence avec la capacité à partager l’information, à exprimer ses idées, son sens critique.

Par D. Fayon - Publié dans : Article - Communauté : Actualités du Web 2
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Jeudi 14 mai 2009

Le rapport d’activité 2008 de la CNIL a été présenté hier par son Président, Alex Türk.




Côté chiffres, en 5 ans, les délibérations adoptées par la CNIL ont cru de 765 % et les contrôles de 1 534 %. Désormais 90 % des décisions de la CNIL concernent le secteur privé. En 2008, 71 900 traitements de données nominatives ont été enregistrés. Les sanctions financières restent encore symboliques (9 pour un montant total de 137 100 euros). 2008 marque aussi l’essor des CIL (correspondants informatique et libertés) qui sont désignés dans plus de 5 000 organismes.


 

A noter dans le rapport quelques cas anonymisés comme celui d'un internaute qui a reçu de la part de son fournisseur d'accès à Internet les mêmes identifiants de connexion que ceux d'un autre abonné, l’intervention de la CNIL pour la fermeture d’un blog qui montrait des photos d’une fille de 16 ans en tenue légère. Notons aussi un article « Bienvenue dans la vie 2.0 » qui montre à quel point l’hyperconnexion amène des possibilités de recueil des traces numériques multiples : Google Streetview, iPhone et GPS, photos sur Facebook, puces RFID, etc. Et que finalement c’est encore dans l’avion que l’on reste déconnecté… pour l’instant !


 

D’autres positions de la CNIL sont données comme son rôle par rapport au fichier EDVIGE, sur la conservation des traces sur les moteurs de recherche par rapport au droit à l’oubli et... HADOPI.

Par D. Fayon - Publié dans : Article - Communauté : Communauté informatique
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Mardi 12 mai 2009



Consécutivement à mon alerte, je reçois une réponse de Mélanie A*** pleine de bon sens. Elle a immédiatement changé son pseudo sur Twitter, effacé son compte sur Skyblog. Mais conserve son blog et modifie son rapport à l'usage des outils Web 2.0 pour bien cultiver son identité numérique. La prise de conscience et les actions qui en découlent sont rapides et réfléchies. La publication de sa réponse anonyme est faite d’un commun accord  pour partager les réflexions et la prise de conscience des enjeux de l’identité numérique.

 

[source : www.internetactu.net]

 

Monsieur Fayon,



Il est intéressant que je me fasse piéger à ce jeu, m’adonnant moi-même régulièrement à cet exercice ! Ainsi, et justement parce que j’étais curieuse des traces que je laissais sur Internet, je me suis déjà recherchée à de nombreuses reprises sur Google.


J’avais donc déjà remarqué le lien fait sur 123people avec mon compte Viadeo, ainsi qu’avec un profil Wat-TV. Ce dernier m’avait par ailleurs beaucoup surprise étant donné que je ne me suis jamais abonnée à Wat-TV, pas plus qu’à over-blog qui possède pourtant un blog à mon nom ! J’ai découvert dernièrement sur Facebook que je possédais un homonyme, ceci expliquant peut-être cela.


J’avais aussi remarqué le lien fait avec mon Skyblog, beaucoup plus préoccupant à mon sens étant donné ce qu’il reflète mais, comme vous le dites à la fin de votre message, ne reprenant rien de bien méchant, j’ai remis à plus tard la gestion de ce problème. Il faut dire qu’encore aujourd’hui, je lis sur les blogs de jeunes journalistes des références à des soirées alcoolisées et autres déboires que mon blog n’a au moins le mérite de ne pas évoquer. Sachant que d’autres faisaient pires, je ne m’en suis pas formalisée. Et puis, s’il faut prendre les choses positivement, je peux au moins me dire que ce blog prouve à un éventuel recruteur ma pratique ancienne des logiciels de montage photo !


Il est intéressant que vous notiez « elle pensait à l’époque être protégée avec un pseudo », car je m’aperçois en effet avoir commis une erreur de taille sur Twitter : lier ma véritable identité au pseudonyme que j’utilise depuis mes débuts sur Internet (qui n’est par ailleurs pas une référence à Ava Gardner, mais en fait tiré d’une série télé que j’affectionnais tout particulièrement au collège !). Ainsi, c’est plutôt ce détail qui me perturbe dans la mesure où si les rôles avaient été inversés, j’aurai sans doute effectué de plus une recherche Google de ce pseudonyme. Or, je viens de le faire, et les résultats obtenus sont édifiants. On y retrouve différents comptes que j’utilise (YouTube par exemple), mais aussi des messages de forums. Certains, concernant des séries TV, apparaissent plutôt inoffensifs, mais d’autres sont beaucoup plus personnels et ont attrait à des problèmes de santé datant du lycée !


Je découvre de plus que les statuts Twitter apparaissent dans les résultats Google, chose que je ne savais pas. Et à laquelle je vais faire beaucoup plus attention !


Concernant mon nouveau blog enfin, il n’était lui non plus pas rattaché à mon véritable nom avant Twitter, si ce n’est sur mon compte Facebook. Néanmoins, celui-ci étant verrouillé, seuls mes amis y avaient accès. Il n’est pas parfait et pas vraiment sérieux, mais a au moins le mérite de refléter ma personnalité actuellement. Je ne suis donc pas particulièrement gênée à l’idée qu’il soit lu par quelqu’un se renseignant à mon sujet.


C’est précisément ce dont il s’agit à mon sens : chacun des résultats correspond à ma vision de mon image numérique à un certain moment de ma vie. Lycéenne, j’aurai été fière d’être retrouvée sur Skyblog, et je m’y affichais avec plaisir et de manière très personnelle. L’ennui, c’est si l’on oublie avec le temps que l’on en a dévoilé beaucoup dans un Skyblog ou sur des forums, Google, lui, n’oublie pas. J’ai donc des années de traces numériques derrière moi sans même en avoir conscience.


Aujourd’hui, je rejoins les nouveaux réseaux sociaux et je me retrouve confrontée à la gestion de deux identités différentes. La première se destine à mes amis (et aux amis de mes amis, puisque c’est le concept de ces sites), elle raconte ses rêves sur Angela Merkel et Nicolas Sarkozy (qui est bel et bien véridique, au passage) et se photographie en long, en large, et en travers avec son entourage dans des soirées. La deuxième se veut plus sérieuse, surtout à l’approche de la recherche d’un stage, elle est une étudiante en information et communication  très intéressée par l’actualité et possède un compte Viadeo. Evidemment, le problème, c’est que ces deux identités se retrouvent associées sur le web, entre Twitter et 123people, et sur la plupart de ces nouveaux réseaux sociaux qui se basent sur notre véritable état civil. En ce qui me concerne, n’ayant aucune idée de ce que je veux faire plus tard, je n’ai de plus aucune stratégie claire concernant l’image virtuelle que j’aimerai renvoyer à un employeur, ce qui ne facilite pas la tâche !


Enfin, je trouve l’idée de ce billet très bienvenue, l’exemple de Marc L n’ayant de toute évidence pas suffisamment marqué les esprits (le mien, en l’occurrence !). Je vous en confie la rédaction, n’ayant pas des connaissances aussi étendues que vous dans le domaine, mais me tiens bien évidemment à votre disposition si besoin est !

 

Par D. Fayon - Publié dans : Article - Communauté : Communauté informatique
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Mardi 5 mai 2009





Je me suis livré à un exercice pour illustrer les enjeux de l’identité numérique qui restent souvent sous-estimés. J’ai récemment reçu une notification de Twitter m’indiquant que Mélanie A***, une de mes jeunes anciennes étudiantes à l’Université qui a reçu avec brio son UV de « Culture numérique », suit mes mises à jour sur cet outil de micro-blogging.
 

Afin de préserver l’anonymat et d’un commun accord avec l’étudiante, j’ai remplacé certaines informations nominatives.

 

[source de la photo : connexions-normandie.fr]

Je me suis donc livré à un exercice pratique, leur ayant parlé pendant le cours de l’importance de la gestion de son identité numérique. Je commence par cherche « Mélanie A*** » sur Google. Le premier résultat est celui délivré par 123people. Cet outil pour la recherche de personnes n’est pas parfait (pas de gestion des homonymes par exemple ce qui rend l’outil inutilisable pour les Martin ou les Nguyen à moins que son prénom soit d’une originalité hors pair) mais permet de donner une première idée des présences possibles d’une personne sur Internet. Je note l’existence d’une Mélanie A*** sur Viadeo résidant à Etampes. Et une inscription sur Wat-TV qui remonte au 21 avril 2008 avec l’anomalie sur la fiche où Mélanie étant déclarée comme étant un « Homme », choix souvent effectué par défaut et qui s’explique par historiquement une présence plus masculine sur Internet. Il renvoie vers un blog créé ce même jour sur over-blog au contenu vide. Rien de bien intéressant à ce stade.
 

Je continue alors mes investigations. En continuant, je vois un lien vers un skyblog. Cela commence à être intéressant avec son même pseudo que celui de Twitter dont la sonorité me rappelle Ava Gardner !, comme quoi l’imagination peut aller loin, chaque pseudo ayant ses origines et ce n’est pas toujours ce que l’on peut interpréter. Je vois son âge, 22 ans, la date de création (27 avril 2004) et la dernière mise à jour, lointaine (1er août 2006). Comme beaucoup de skyblogs, il a été abandonné mais reste néanmoins visitable. Le blog ne vit plus mais constitue une mine d’informations pour reconstituer l’identité numérique de la personne, je constate le nombre d’articles publiés (114), etc. Je vois une blogroll avec 5 blogs, des skyblogs qui ne sont pas actifs depuis quelques années. Je lis en diagonale quelques billets publiés pour mieux connaître l’étudiante, ses centres d’intérêt, sa personnalité comme le fait n’importe quel recruteur qui, avant un entretien d’embauche, cherche à mieux connaître la personne. J’avoue que systématiquement pour un rendez-vous client, un entretien avec un journaliste, un candidat pour un poste, je l’effectue systématiquement. Ce n’est pas de la curiosité mais plus de mieux comprendre une personne et comment travailler ensemble. Revenons à Mélanie. Parmi ses billets publiés, celui « les rêves les plus étranges » pourrait être parlant pour qui sait les interpréter. On a des informations confirmant la domiciliation à Etampes. On apprend qu’elle a un chien, qu’elle est très attachée à sa ville, qu’elle aime se faire les ongles, qu’elle a une préférence pour le chocolat au lait, qu’elle oscille entre le désordre (lit non fait pour des raisons qui lui sont propres) et un cartésianisme poussant à rassembler des photos, y adjoindre des numéros et des légendes associées. On apprend encore qu’elle regarde (ou a regardé) Cauet, qu’elle n’a pas aimé ses études avortées en médecine de nature à ruiner la planète avec des tonnes de polycopiés à ingurgiter, qu’elle s’est rendue à Solidays. On apprend aussi qu’elle a un frère (mais qui ne va pas visiter son blog, d’après elle, car elle pensait à l’époque être protégé avec un pseudo), qu’elle aime les hommes torse nus (du moins cela permet d’avoir une idée des « orientations sexuelles »), qu’elle a eu son bac sans mention, etc.
 

Maintenant, je retourne à sa page Twitter créée en 2008 mais qui devient très active depuis un mois avec une cinquantaine de posts jusqu’au 1et mai (pas forcément mis à jours depuis Twitter, ils peuvent l’être depuis Facebook par exemple). On voit qu’elle persévère dans ses rêves étranges (relation d’un rêve entre Sarkozy et Angela Merckel ! sauf à le considérer au second degré), qu’elle a toujours un intérêt pour la question médicale (surtout avec le contexte de grippe porcine), qu’elle aime suivre l’actualité politique, qu’elle suit Hadopi. Je regarde aussi les personnes qu’elle suit sur Twitter : les RSS de l’AFP qui confirment sa soif pour l’actualité, grippeporcine, un fake de Jésus, José Bové ?, des fakes de François Fillon et de Jacques Chirac, le journaliste high tech Jérôme Colombain, le blogueur Eric Dupin, etc.
 

Puis je m’attache au lien vers son blog et qui marque un net progrès par rapport au skyblog tant sur la forme que le fond et montre la maturité dans le blogging. Sur sa fiche, on constate qu’elle a créé son blog sur Blogger en juin 2008, on apprend son signe astrologique, qu’en tant que geekette elle suit le blog girls and geeks. J’ai bien aimé un de ses billets qui est une bonne introduction au pourquoi de l’outil Twitter. Et globalement on voit qu’elle rédige bien.
 

Poursuivons encore l’analyse. Mélanie A**** a 22 ans, elle indique faire 1 h 30 de transport en commun pour se rendre à l’Université. On peut supposer qu’elle habite chez ses parents. Sachant qu’Etampes est dans le département de l’Essonne ce qui demande un minimum de culture parisienne, on est alors prêt à utiliser la partie page blanche de www.pagesjaunes.fr, on obtient l’adresse de son domicile, les coordonnées téléphoniques. Cela peut aller très loin mais pour cela il convient de recouper des informations récoltées sur Internet et l'usage de divers outils. On pourrait également à l'aide de ses contacts sur les réseaux sociaux en savoir davantage sur la personne.
 

Cet exemple montre combien la gestion de son identité numérique n’est pas seulement précieuse mais vitale. Il n’y a rien de bien méchant la concernant (au sens informations sensibles de la CNIL quoique pour l'orientation politique on a déjà des éléments) mais imaginez que vous ayez une personnalité atypique. Les traces que vous semez peuvent se retourner contre vous. Par ailleurs si vous indiquez que vous êtes absent de votre domicile pendant vos vacances sur votre blog, des risques en découlent. Le risque est encore plus fort pour un adolescent qui va sur son skyblog dire dans quelle école il étudie, ses horaires de sortie. Imaginons qu’un déséquilibré exploite ces informations pour enlever l’enfant. Sans tomber dans la paranoïa excessive, les outils du Web 2.0 en particulier réseaux sociaux et blogs induisent de nouveaux risques et aussi bien les enfants/adolescents que les parents doivent en avoir conscience. Nous devons nous adapter aux impacts induits par les outils du Web 2.0 pour le meilleur, en ayant une gestion saine de notre identité numérique et en étant conscient de ses enjeux.

Par D. Fayon - Publié dans : Article - Communauté : Actualités du Web 2
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Mercredi 29 avril 2009

La Twittermania est là, l’audience du site s’envole selon TechCrunch par exemple et le cap des 10 millions d’utilisateurs est franchi. Néanmoins son audience en France reste encore très limitée par rapport à Facebook (on pourrait l’estimer à près de 150 fois moins) et les possibles phénomènes de mode ou de Hype ne sont pas à exclure. Le rapport buzz sur nombre d’utilisateurs est en effet l’un des meilleurs de toute la blogosphère.

 

Voulant me connecter mardi après 22 h (retrancher 6 à 9 h pour connaître l’horaire sur le sol américain), vous comprendrez que c’était l’heure de pointe aux Etats-Unis où se nichent la majorité des utilisateurs. Aussi l’écran de dépassement de capacité était affiché (cf. ci-après).



Dans la courte histoire de Twitter, rappelons que la plate-forme initiale a été développée avec Ruby On Rails et que l’arrivée massive de membres a généré quelques plantages.
Des serveurs supplémentaires seront donc nécessaires, de même que les formes de monétisation de >certains< services pour assurer un équilibre économique à l’application (idem pour Facebook à l’avenir). Notons que l’histoire du Web a montré que des start-up qui ont connu de belles croissances ont dû attendre quelques années avant d’être rentables, Amazon en tête.

 

Je signale par ailleurs un schéma intéressant réalisé par conseilsmarketing.fr quant aux usages possibles de Twitter :

-         pousser des messages,

-         organiser son activité,

-         dialoguer avec ses clients et prospects,

-         générer du trafic,

-         analyser l’information.

Par D. Fayon - Publié dans : Article - Communauté : Actualités du Web 2
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